vendredi 12 septembre 2008


"Voila, ca fait un mois que j'ai quitte la France... Que j'ai laisse ma maman au bout de la terrasse et mon papa sur un quai de la gare Lille Europe... Pour venir me rendre compte par moi-meme de l'existence du reve americain... Ce reve s'est transforme en cauchemar pour certains... Aujourd'hui, je ne vais pas faire dans le leger comme hier... Car le coeur n'y est pas, tout simplement...
F. m'a appele hier, de l'etat du Mississipi, d'un portable car il n'y avait plus d'electricite. Jamais je n'ai ete aussi contente d'entendre la voix de quelqu'un... Il se porte bien mais est quand meme choque... On le serait a moins... Son ecole est ravagee et ne pourra etre operationnelle qu'en mars, apres reconstruction... Son logement n'existe plus... Il reagit avec beaucoup de courage et de sang froid. Il ne veut pas que son experience americaine se reduise a cette tragedie et refuse d'etre rapatrie en France. Il ne peut pas venir avec moi en Floride, jugee "zone a risque"...
Alors il va aller rejoindre un ami francais a Albuquerque, dans l'etat du Nouveau-Mexique en attendant que les choses se calment. Hors de question de retourner a la Nouvelle-Orleans qui se trouve sous plusieurs metres d'eau. Alors il va attendre qu'on lui trouve une autre ecole.
Le pire, c'est l'impuissance qu'on ressent quand on a un ami dans cette situation... Que dire? Que faire? Etre present, c'est tout ce qui importe... Ecouter, remonter le moral tant que faire se peut... Rendre hommage a un garcon exceptionnel dans un article de blog, tout simplement."

J'ai ecrit cet article il y a quelques temps maintenant. En aout 2005. Quand l'ouragan Katrina a force des assistants francais a quitter la Nouvelles-Orleans. Avec F., on s'est connu par MSN. A discuter des heures sans meme s'etre deja rencontre. On s'est vu la premiere fois au Consulat Americain pour notre visa. Un vrai coup de coeur. A ma demande un peu osee de m'heberger chez lui pendant les oraux du CAPES a Toulouse, il a repondu present. J'ai ainsi rencontre ses parents. On s'est revu plusieurs fois aux USA. Il est parti faire sa vie a NY. Il venait juste de commencer sa rentree quand son pere a cesse de lutter contre la maladie.

Je deteste quand ce genre de choses arrive a mes proches. Ca me fout la trouille. C'est pas une question d'egoisme, c'est juste que ca me rend anxieuse de savoir que nos jours ici sont comptes.

Tu liras jamais ces lignes F., mais sache que je pense a toi tres fort.


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